Ce que j’ai aimé à Édimbourg ♥︎

La vue emblématique d’Édimbourg depuis le sommet de Calton Hill

Ce voyage à Édimbourg, j’en rêvais depuis des années. Il était prévu en septembre 2023, mais pas de bol le covid en a décidé autrement 1. Et puis en septembre 2024, au terme de douze mois éprouvants à bien des égards, voilà, j’y étais.

Comme à Copenhague en 2017, je ressentais une certaine appréhension: on m’avait tant dit que j’adorerais Édimbourg, ça semblait si parfait sur le papier, et si finalement j’étais déçue ?

La vérité ? Le coup de cœur a été encore plus rapide et total qu’à Copenhague. J’ai tout aimé de ce que j’ai vu d’Édimbourg 2. La ville en elle-même, son architecture, ses dimensions « humaines »; la gentillesse des personnes avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger dans les cafés ou les boutiques visitées. J’ai adoré la quantité de restaurants et cafés à la fois véganes et ouvertement queer-friendly, mais aussi le fait que proposer des options végétaliennes partout, jusque dans le plus traditionnel des pubs, semble aller de soi. J’ai aimé le bord de mer, les longues balades, la météo changeante, les vieux cailloux, le fait que des rencontres tricot-crochet soient organisées à la bibliothèque municipale – lorsque je retournerai à Édimbourg, comptez sur moi pour y participer.

Il ne m’a fallu que quelques heures pour déjà imaginer y vivre, et assurément y revenir. En attendant, c’est avec une certaine nostalgie que je me replonge dans les photos et les souvenirs de ces quelques jours très particuliers.


Flâner le long de la Water of Leith, de Dean Village au jardin botanique

Profitant d’une première journée de beau temps, je décide de faire un bout de la randonnée qui longe sur 20 km la rivière qui traverse Édimbourg. Alors bon, je n’allais pas me lancer direct dans les 20 km, mais le parcours passe par deux lieux de la ville que je voulais absolument voir: le quartier historique de Dean Village, et (évidemment), le jardin botanique 😍 Entre les deux, il n’y a que 2 km de marche, ce qui laisse pleeeeein de temps pour les indispensables – et nombreux – arrêts photo.

J’ai beaucoup apprécié cette balade au bord de l’eau. On s’y sent par moment complètement isolé du centre ville, et puis d’un coup on émerge au cœur d’un quartier mignon et stylé où on peut acheter un latte et un cinnamon roll pour le goûter, feuilleter quelques beaux livres dans une librairie féministe, fureter dans des boutiques de créateur·ices locales, avant de reprendre notre route.

On résume donc: quartier historique pittoresque et photogénique, balade au calme le long de la rivière, boutiques indépendantes, pâtisseries végétaliennes et jardin botanique à l’arrivée ? Pas besoin de chercher davantage, j’ai très clairement trouvé mon paradis personnel.

Une seule déception: les – magnifiques – serres du jardin botanique étaient alors fermées pour une durée encore inconnue, en raison d’un important projet de conservation. Au moment où j’écris ce billet, presque deux ans plus tard, leur réouverture probable a été annoncée pour septembre 2026 et d’après les photos qui ont été partagées sur les réseaux sociaux, le résultat de ces quatre ans de travaux a l’air sublime. Un bon prétexte pour retourner à Édimbourg d’ici quelques mois ?

Cela dit, même sans la visite des serres, j’ai adoré ce jardin botanique qui mélange des espaces très « nature sauvage », des points d’eau au bord desquels rêvasser, de grandes étendues d’herbes qui invitent à s’arrêter pour le goûter ou une petite sieste. C’est d’ailleurs dans ce contexte précis, occupée à déguster mon roulé à la cannelle tout en scrollant sur mon téléphone, que j’ai senti un petit tapotement contre mon bras. Après un sursaut de surprise, je vois un écureuil fort mignon et pas bien craintif détaler pour m’observer d’un peu plus loin. J’ai probablement couiné de joie, car croyez-moi ou non, mais je n’en ai quasiment vu aucun lors de mes différents séjours à Londres.

Je ne suis donc toujours pas convaincue par cette histoire d’écureuils londoniens, en revanche au jardin botanique d’Édimbourg j’ai pu en observer plein – et même un renard qui déambulait dans la zone de travaux des serres.


Greyfriar Kirkyard

Au cœur du centre historique d’Édimbourg, la statue en bronze d’un petit chien à la truffe dorée indique que nous sommes proches de l’entrée du cimetière de Greyfriar. Il se trouve que j’adore les vieux cimetières, presque autant que les jardins botaniques. Celui de Greyfriar date du milieu du 16e siècle; ça fait probablement de lui le plus ancien cimetière que j’ai eu l’occasion de visiter.

En longeant les allées du cimetière, j’ai presque regretté qu’il fasse aussi beau: j’aurais adoré le visiter dans l’ambiance un peu gloomy d’une journée brumeuse. Là, avec la lumière du soleil et les couleurs chaudes du début d’automne, il y avait presque un truc qui ne collait pas avec le décor.

Mais ce temps radieux ne m’a évidemment pas empêchée d’apprécier la beauté des sculptures qui ornent les pierres tombales et les monuments mortuaires. On y croise de nombreux bas-relief représentant des crânes et autres ossements, ce qui m’a beaucoup intriguée car je n’ai pas souvenir d’en avoir vu autant à Londres. Peut-être car les Magnificent Seven sont plus récents de presque 300 ans; en pleine période romantique on préférait sans doute les statues d’anges éplorés aux squelettes. Au cours des 17e et 18e siècles en revanche, le memento mori était un thème courant dans les arts, et notamment dans l’art funéraire chrétien. Cette phrase latine qui signifie « souviens-toi que tu es en train de mourir » servait alors à rappeler l’inévitabilité de la mort, voire de sa nécessité pour accéder aux joies de l’au-delà 3.

Fun fact (en tout cas moi je trouve que c’en est un): ça serait à la même période, durant la première moitié du 18e siècle, que les pirates de l’Atlantique Nord et des Antilles ont utilisé le symbole de la tête de mort sur leurs pavillons – le fameux Jolly Roger qu’on associe systématiquement à la piraterie dans la culture populaire moderne et qui dérive également du thème antique du memento mori. En faisant quelques recherches sur le sujet, je suis d’ailleurs tombée sur un billet de blog d’un guide touristique d’Édimbourg qui explique qu’il raconte parfois aux enfants que ces tombes sont celles de rois pirates, ce qui n’est « pas entièrement vrai ».


Les jolies rues et les recoins cachés de la vieille ville

Le cimetière de Greyfriar se trouve au cœur de Old Town, la partie la plus ancienne de la ville, située au pied du château. En le quittant, on emprunte Candlemaker Row et Victoria Street, deux rues emblématique du centre ville d’Édimbourg, avec leurs beaux bâtiments en pierre, leurs façades colorées et leurs vitrines pour le moins éclectiques. Elles permettent de rejoindre The Royal Mile, une série de rues formant l’artère principale de la vieille ville, qui relie le château et le palais de Holyrood

Ici, on se trouve dans la zone la plus touristique de la ville. Même en septembre, il y a donc beaucoup de monde, mais on s’y déplace quand même sans trop de mal. Et surtout, il suffit de s’aventurer dans les ruelles étroites – les closes et les wynds – situées de part et d’autre des rues qui forment le Royal Mile, pour échapper à la foule.

Si certaines sont des des cul-de-sac ou des propriétés privées fermées par des grilles, d’autres permettent de rejoindre des rues parallèles ou d’accéder à de belles cours intérieures. Mon coup de cœur se trouve en haut de Lawnmarket, non loin du château, coincé entre deux boutiques de souvenirs touristiques.

Après s’être engagé dans Lady Stair’s Close, on débouche sur une petite place dont les larges pavés sont gravés de citations tirées de la littérature écossaise. Juste en face se trouve l’entrée du Writers’ Museum, un petit musée public consacré à trois importants écrivains locaux: Robert Burns, Walter Scott and Robert Louis Stevenson. On peut y voir des manuscrits et une importante collection d’objets leur ayant appartenu – dont une magnifique presse avec laquelle ont été imprimés certains romans de Walter Scott au début du 19e siècle.

Lady Stair’s Close permet également d’accéder à une seconde cour intérieure, James’ Court. On y trouve la terrasse d’un pub, particulièrement tranquille compte tenu de son emplacement, ainsi qu’un jardin communautaire constitué de grands pots de plantes installés par les habitant·es des maisons qui bordent la cour. J’ai un gros faible pour cette manière de ramener de la nature, voire de cultiver des aliments, au cœur des villes; je crois qu’en plein centre historique et touristique, ça me touche encore plus.

James’ Court abrite aussi une sculpture en mémoire de Susannah Alice Stephen, une architecte paysagiste qui a participé à la création de la Scottish Society of Garden Designers. J’ai trouvé peu d’informations à son sujet, mais il semble que son travail tournait principalement autour de l’intégration d’espaces verts dans les villes.


Le coucher de soleil sur la plage de Portobello

En Bretagne, j’avais adoré assister au coucher de soleil qui plongeait dans la mer. Ce n’est pas possible à Édimbourg, le bord de mer étant situé au nord et à l’est de la ville. Mais j’ai quand même voulu aller me balader sur la plage au moment du crépuscule, et c’était magnifique. Par chance la marée était basse, la lumière violette-rose-orangée du ciel se reflétait dans les étendues d’eau qui demeuraient au sol, striées par les aspérités du sable. C’était aussi un instant très calme, on a croisé quelques familles dont les enfants jouaient dans les « flaques », des personnes qui promenaient leur chien. J’ai trouvé quelques jolis coquillages déposés par la marée, et pris environ 215 photos qui se ressemblent en réalité toutes.

À ce moment-là, la lune était visible juste au-dessus de la ligne d’horizon, et ce n’est peut-être pas flagrant sur la photo ci-dessous mais elle semblait immense. J’ai interrogé Google en rentrant à l’hôtel un peu plus tard, il s’agit d’une illusion d’optique appelée « illusion lunaire » (on sent que les gens étaient fort inspirés pendant le brainstorming pour trouver ce nom) qui fait paraître la lune plus grosse lorsqu’elle est proche de l’horizon et dont les causes ne sont pas totalement comprises.


Arthur’s Seat

Une des particularités d’Édimbourg, c’est la colline qui se trouve presque en plein milieu, à proximité du centre ville. En Suisse on y aurait probablement construit un hôtel de luxe, dans d’autres pays un parcours de golf. Rien de tout ça ici: on n’y trouve aucune construction humaine, à part les ruines d’une ancienne chapelle. Arthur’s Seat est prisée des randonneurs et des promeneurs, bien content·es de pouvoir échapper au tumulte urbain sans avoir besoin de quitter la ville.

C’est aussi un lieu important du folklore d’Édimbourg, associé à de nombreuses légendes locales. Selon l’une d’elle, qui date de la période pré-celtique, un dragon terrorisait autrefois la population et dévorait le bétail, jusqu’au jour où sa gourmandise le poussa à se remplir un peu trop l’estomac. Il s’installa alors confortablement pour une petite sieste digestive dont il ne se réveilla jamais. Son corps endormi se changea peu à peu en pierre, se couvrit de végétation, et devint une colline paisible.

Cette histoire me plait d’autant plus qu’il s’agit en réalité d’un ancien volcan, éteint depuis plusieurs centaines de millions d’années. Arthur’s Seat est également considéré comme l’un des emplacements possibles du château de Camelot, où siégaient le roi Arthur et les chevaliers de la table ronde – ce qui lui a peut-être donné son nom, même si son origine exacte n’est pas certaine.

Je vais être parfaitement honnête: je n’ai pas adoré cette randonnée. Pas la montée du moins, effectuée par un chemin que j’ai trouvé raide et boueux et caillouteux et pas agréable du tout. Je me suis par ailleurs sentie vaguement arnaquée, car je pensais avoir emprunté le chemin facile alors que pas du tout. À ce stade de la balade, il y a eu beaucoup de ronchonnade et d’envie de retourner en arrière. Je ne suis d’ailleurs pas montée jusqu’au sommet, ce que je n’ai pas du tout regretté puisque le brouillard était si dense ce jour-là qu’on ne voyait de toute façon rien. Pas la peine donc de souffrir davantage – d’autant plus que je redoutais la descente.

Heureusement, on a trouvé un sentier qui traverse en pente douce le parc de Holyrood 4. Ça m’a bien davantage convenu, et j’ai enfin pu profiter de la beauté du paysage et de la vue sur la mer. Autre avantage: on n’y a croisé presque personne, contrairement au chemin nul qui était très fréquenté.


Le musée national d’Écosse

Après deux journées de grand soleil et une de brouillard humide, la pluie et le vent finissent par avoir raison de mes envies de balades en plein air. C’est donc la parfaite occasion pour se réfugier à l’intérieur d’un musée ! Édimbourg en compte de nombreux, souvent gratuits comme tous les musées nationaux du Royaume-Uni. Pour cette première visite, c’est principalement le musée national d’Écosse qui m’attire.

En septembre 2024, l’exposition temporaire « Game On » proposait d’explorer l’histoire et la culture des jeux vidéos. Bien que j’aie moi-même peu de connaissances dans ce domaine, je l’ai trouvée très intéressante et je n’ai pas manqué de ressentir une petite nostalgie émue en y découvrant une Dictée Magique et une borne sur laquelle on pouvait jouer à la toute première édition des Sims.

Des croquis de Space Invaders, je trouve ces pôtits monstres absolument adorables

Comme le nom du musée l’indique, l’exposition permanente s’intéresse à l’histoire écossaise de manière très large. Il y a vraiment de tout: des dinosaures (évidemment), des cristaux géants, des costumes et des pièces d’armures traditionnelles, beaucoup d’objets archéologiques, des vieux téléphones, ordinateurs et appareils photo, une deuxième Dictée Magique, un morceau d’accélérateur de particules venu tout droit du CERN, des très vieux métier à tisser, des meubles des années 70, une machine Enigma, une réplique de la statue mortuaire de Mary Stuart, une dédicace d’Ewan McGregor, …

Oui, c’est éclectique. Et si je n’ai pas été particulièrement impressionnée par la muséographie, les différentes collections n’en sont pas moins passionnantes à parcourir. J’ai beaucoup aimé le fait que des objets très banals du quotidien, qu’on a utilisé ou qu’on utilise encore, y aient leur place aux côtés d’artefacts historiques et scientifiques. Et je rappelle que l’accès à tout ça est gratuit.


Dans de prochains billets, je partagerai quelques adresses de boutiques et de restos que j’ai adorées. Et je suis très curieuse de connaître les lieux que vous avez préférés à Édimbourg, si vous avez déjà eu l’occasion d’y aller (faut que je prenne des notes pour mon prochain voyage).

  1. Le test positif la veille du départ et l’annulation dans l’urgence, parfois sans possibilité de remboursement, c’était la triple peine: non seulement je ne partais pas à Édimbourg, en plus j’étais malade, et en plus je n’ai pas pu récupérer mes sous 😑 Arnaque, arnaque, arnaque. ↩︎
  2. Mon cerveau sélectif oublie volontairement le système de transports publics un peu, heu,… bref disons qu’annoncer les prochains arrêts dans le bus ça peut éventuellement être une idée utile. ↩︎
  3. À une époque où on pouvait décéder d’une coupure ou d’une piqûre d’insecte, j’imagine que ça devait rassurer d’imaginer que les septicémies et les chocs anaphylactiques menaient à une éternité de festivités. ↩︎
  4. Si vous non plus vous n’aimez pas souffrir, privilégiez les sentiers situés au nord est de la colline, et évitez celui qui part des environs d’Holyrood Abbey – ou pire, les zigzags abruptes situés au sud. ↩︎

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2 commentaires sur “Ce que j’ai aimé à Édimbourg ♥︎”

  1. Irène

    Répondre

    Je me suis régalée en te lisant : je vais y passer quelques jours en juin à l’occasion d’un déplacement pour un colloque à Manchester, je vais soigneusement noter tes recommandations ainsi que celles de Marie sur La Lune Mauve.
    Et on est d’accord que les transports publics au Royaume-Uni c’est la galère, ça m’avait paniquée aussi à Manchester le fait de ne pas avoir d’annonce ni de panneau avec l’arrêt suivant. Je me retrouvais à suivre le trajet sur Google maps…

    1. Aline

      Répondre

      Oh mais c’est génial que tu profites de ce déplacement pour aller quelques jours à Édimbourg, j’espère que ça te plaira autant qu’à moi ! Je vais me dépêcher de terminer mon billet de recommandations de restos véganes, tu verras c’est vraiment un autre monde la véganie là-bas 😍

      Et on est d’accord que les transports publics au Royaume-Uni c’est la galère, ça m’avait paniquée aussi à Manchester le fait de ne pas avoir d’annonce ni de panneau avec l’arrêt suivant. Je me retrouvais à suivre le trajet sur Google maps…

      Haha je faisais la même chose avec Google Maps 😅 J’ai trouvé ça hyper stressant, si encore les bus s’arrêtaient systématiquement à chaque arrêt, mais non évidemment pas. Et le pire: dans certains bus les arrêts étaient annoncés, donc c’est quand même un système qu’iels connaissent et choisissent de ne pas utiliser partout. Vraiment pas pratique, surtout dans des villes comme Édimbourg et Manchester, entre les touristes et les étudiant·es qui viennent de l’étranger il doit y avoir beaucoup de monde qui utilise les transports publics sans bien connaître la ville.

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